Con el artista JEAN LOUIS FAUTHOUX

LUZ – LUMIERE / Con el artista JEAN-LOUIS FAUTHOUX en Pau (2010)

Jean-Louis Fauthoux © Fotografía: Fernando Sanz Santacruz.

Jean-Louis Fauthoux © Fotografía: Fernando Sanz Santacruz.

Exposition LUZ

Papiers de Jean-Louis Fauthoux  –  Poèmes d’Antonio Gamoneda

Traductions d’Amelia Gamoneda  –  Lumières de Nicolas Fougère

A Pau, dans le cadre de la manifestation PAU FÊTE LE LIVRE (26, 27, 28 nov. 2010), les PAPIERS de Jean-Louis Fauthoux ont été exposés, accompagnés de LUZ, un ensemble de douze poèmes originaux d’Antonio Gamondeda.

Le 27 nov. ces poèmes ont été dits par Amelia Gamoneda en Castillan et par Michel Bernier en Français. Pleamar Editorial

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Gamoneda et Fauthoux: LUZ – LUMIERE, une aventure à deux voix (2010)

Luz, une aventure à deux voix.

Luz, une aventure à deux voix.

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Est-ce la lumière, cette substance que traversent les oiseaux?

LUZ

ANTONIO GAMONEDA ~ JEAN-LOUIS FAUTHOUX

LUZ est né d’une aventure à deux voix, avec le poète espagnol Antonio Gamoneda. Dans un premier temps, j’ai réalisé douze papiers carrés (100 x 100 cm) à partir de recueils de poèmes déjà existants: Pierres gravées, Livre du froid, Clarté sans repos, De l’impossibilité, Cecilia. Je les avais appelés “papiers de pluie et de lumière”, compte tenu de leur processus de fabrication…

On demande souvent au peintre d’illustrer les poèmes, et dans le meilleur des cas, de les accompagner, favorisant ainsi une certaine “autonomie”. Ici le processus a été inversé. C’est en regardant ces grands papiers que, dans un deuxième temps, Antonio Gamoneda a écrit ces poèmes originaux de LUZ.

Un treizième papier, de même dimension que les autres, est ensuite venu, comme en apostille, s’ajouter aux 12premiers. Celui-ci est éclairé par l’arrière – ainsi le prévoyait le projet initial -, révélant leur épair (transparence des matières) alors que tous les autres reçoivent un éclairage direct.

Je remercie Amelia Gamoneda d’avoir traduit l’ensemble des poèmes, de même que le texte liminaire, d’ordre plus général.

Jean-Louis Fauthoux, novembre 2010.

Gamoneda sobre Jean-Louis Fauthoux: “ENTRE LA LUMIERE ET L’EAU”

"Luz". Papier. © Jean-Louis Fauthoux.

“Luz”. Papier. © Jean-Louis Fauthoux.

[Reproducimos, en francés y en español, uno de los textos de Antonio Gamoneda que acompañó la exposición LUZ – LUMIERE del artista Jean-Louis Fauthoux, en la localidad francesa de Pau, con motivo de la Fiesta del Libro celebrada en noviembre de 2010:]

PAPIER FAUTHOUX, COULEUR FAUTHOUX,
ENTRE LA LUMIERE ET L’EAU

Lorsque Jean-Louis Fauthoux trempe ses mains dans l’eau, la lumière entre en elle-même et révèle la multitude des pigments enfouis. C’est une fleuraison clandestine et bouillante dans la profondeur innommable.

Vers les mains humides les lumières avancent accompagnées des ombres. Les lumières avec leur charge de feu, les ombres avec leur tremblement nocturne Les atomes tournent dans leur discorde livide mais la paix survient, la paix des grisailles silencieuses et des bleus froids.

Incendie et paix dans les mains pulsatiles, incendie et paix sur les étamines sauvages. Tout est visible et lumineux dans la vertu de l’eau, de l’eau submergée dans son ignorance intime, libre et convertie sous les mains de Jean-Louis Fauthoux.

Un flamboiement inonde la cour. Turgescent, sur des cordes immobiles il déplie sa couleur intransitive, et la prononciation du crépuscule et la conduite de l’aube se concertent dans la même flamme.

Tout est vérité sur les grands papyrus, dans l’écriture violacée qui nomme l’inexistence et qui déroute les signifiés. Ah la folie qui tourne incandescente, ah le flamboiement sans cause!

Tout est vérité dans la déclinaison du pourpre. Tout est vérité : le singulier et le multiple, le conséquent et l’initial. Couleur, couleur, nombre immense, chiffre secret et évident.

Lorsque il trempe ses mains dans l’eau, l’impossible se modifie. Tout est certitude, tout luit en immanence existentielle. Couleur, couleur, cause incessante, somme en procès. Couleur, absence présente, plaie et conduite solaire.

Tout est lumière et tout est ombre : le faux est aussi véridique ; la mort, immortalité. Tout est lumière et tout est ombre, lointaine proximité. La lumière habite l’ombre. Il y a de la lumière dans la froideur attenante à l’éternité

                                vide.

ANTONIO GAMONEDA
Traduit en français par Amelia Gamoneda.

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Fauthoux y Gamoneda, en León, en 2009. © Fotografía: Eloísa Otero.

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